Le traité des 5 roues

Le traité des 5 roues Premium Ma jeunesse fut partagée entre entraînement d’aikido et découverte de la vie. Je flottais dans le bonheur d’être sur les tatamis et me réjouissais des projets de partir au Japon. Les cours de sabre deux fois par semaine le mardi et le jeudi à 6h00 du matin me forgeaient le coeur et l’esprit sur le chemin de la Voie. Je ne comprenais cette dernière que très partiellement car, être jeune est synonyme aussi d’une certaine désinvolture. Un jour pourtant j’eus entre les mains un ouvrage qui me bouleversa.

Je ne saisissais pas le contenu mais je fus touché au coeur par la flèche d lus tard je le repren m’émerveille devant passer un seul mess la voie. or27 uerrier). Trente ans mots pour faire Ce fascicule s’intitule le trait des cinq roues de Miyamoto Musachi aux éditions Albin Michel. Qui était Musachi ? Un samouraï du 16ème siècle qui toute sa vie durant ne perdit aucun combat et mourut de vieillesse. Parcourant son pays de long en large afin de découvrir l’essence de la voie, il livre dans le traité des cinq roues le secret dune stratégie victorieuse qui transcende la violence et devient un art d’agir et de vivre.

Attachons-nous dès à présent à comprendre le titre. Pourquoi inq roues ? Musachi développe dans l’ordre : la terre, l’eau, l’eau, le feu, le vent, et… le vide ! Là où notre esprit éduqué à citer le métal comme cinquième roue, se trouve d’un coup projeté dans une incompréhenslon. Le doute s’immisce et nos certitudes fondent comme neige au soleil. Deux attitudes alors pointent le bout de leur nez. La première qui consiste à dire que l’auteur de ce livre n’a rien compris et ne connaît pas les cinq éléments.

La seconde qui, après un court moment de déstabilisation, rentre dans la voie de la connaissance en ayant cassé ses préjugés. Libre est l’homme de son chemin. Il est évident que Musachi eût en sa possession le ‘traité du vide parfait’ du philosophe Lie Tseu. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces notions du vide en son temps. Pour l’heure nous commençons le traité des cinq roues par la Terre. LA TERRE La première roue prend le titre de terre car elle fait référence au sillon droit creusé dans un champ. La voie est, par analogie, droite et symbolise une valeur morale : le Devoir.

La droiture est donc le Devoir et la profondeur ou la superficialité du sillon est l’implication que l’on met dans l’étude de la voie. La voie, ici, prend le sens de tactique. Pour bien faire comprendre cette notion de tactique, Musashi fait un parallèle avec le maitre charpentier. Celui-ci sait quel bois choisir entre le bois des salles de réceptions (rigide et dense) et celui des échafaudages (souple et creux). Il connaît le réceptions (rigide et dense) et celui des échafaudages (souple et creux). Il connaît les défauts et qualités de ses ouvriers.

Il ne perd pas de vue l’idée générale et sait où commence l’impossible. La tactique est cet art qui permet la confrontation directe ? l’autre. Dans l’exemple classique de la guerre, la stratégie cède la place à la tactique lorsque deux orces opposées se trouvent en contact. Musashi nous explique en quelques mots l’art de la Connaitre contre qui ou avec qui on se bat. Connaitre ses qualités utiles à la victoire et ses défauts utiles à la défaite. Ne pas perdre de vue le but fixé et surtout connaître sa valeur intrinsèque afin de ne pas entreprendre un combat perdu d’avance.

Nous voyons que cela s’applique à toute relation humaine que cela soit le pouvoir, la communication, les coalitions. Le charpentier ne doit jamais perdre de vue les principes suivants : précislon dans l’exécution, concordance de toutes les parties de ‘ouvrage, utilisation parfaite de ses outils, refus du tape-à-l’oeil, prévision des déprédations possibles. Ici, Musashi développe très logiquement la stratégie. On doit entendre dans la précision de l’exécution la notion d’obéissance. La concordance signifie que chacun doit être à sa place.

L’utilisation parfaite de ses outils est à entendre comme suit : le chef, le stratège doit utillser tout son savoir, s’engager en totalité sans rete 3 OF comme suit : le chef, le stratège doit utiliser tout son savoir, s’engager en totalité sans retenue pour le but qu’il s’est assigné ou ce pour quoi on l’a promu. Le tape-à-l’oeil est une énergie perdue car elle ne sert pas la victoire. La prévision des déprédations est importante. C’est évaluer très justement quel sera le coût de l’action entreprise. C’est une redite de la tactique où il y a nécessité de connaitre où commence l’impossible.

Si l’on réfléchit bien sur ces principes énoncés, on se rend vite compte que cela s’applique aussi bien au sabre qu’aux arts martiaux, à tout ce qui concerne la recherche du Do (Tao, Dao) à tout groupe humain qui se forme. L’analogie avec le charpentier doit nous interpeller. Le charpentier, en latin, se dit materiarius. Ce mot nous a donné bien évidemment la matière et le matériel. La matière première qui accompagne les hommes depuis leur apparition sur terre, est le bois. Toute action humaine trouvera son analogie dans la sculpture sur bois.

Avant de s’attaquer au travail de la matière, il faut prévoir ce que nous souhaitons sculpter. Est-ce ? notre portée ? Quel morceau d’arbre prendre (taille et qualité) ? Combien de temps allons-nous y passer ? Et si cela s’avère un échec, quelles conséquences cela aura t’il ? Tout cela s’appelle la stratégie. Puis vient la tactique : Utiliser les bons outils appropriés à la ualité du bois. Savoir changer d’outil la tactique : Utiliser les bons outils appropriés à la qualité du bois. Savoir changer doutil en fonction de ce que fon souhaite réaliser.

Ne pas perdre de vue le travail d’ensemble et ne pas s’attarder dans les détails trompe-l’oeil qui n’apportent rien de plus à l’oeuvre. Pour conclure cette première roue, le Devoir tel que le conçoit Musashi se réalise au travers de la connaissance de la stratégie et de la tactique. Cest évaluer toute action par la réflexion. C’est penser avant d’agir. LE VENT pourquoi avoir intitulé ce chapitre le vent ? Ici Musashi compare n 9 points l’enseignement de son école et celui d’autres dojo. Le vent est insaisissable et s’infiltre partout.

C’est pour cela que ce chapitre se nomme le vent. Il n’y a pas dans l’enseignement de Musashi, de dogme ou de lois rigides. Il n’y a qu’un but. C’est toute la richesse de son message. Agir avec un seul but à l’esprit. Nous sommes dans l’éternel présent. La difficulté de certains dans la société d’aujourd’hui est bien cette incapacité à déterminer la priorité, le but. Tout se mélange dans la tête et l’homme se charge de multiples tâches qui l’envahissent et l’étouffent. Ecoutons les conseils de Myamoto et appliquons les dans notre vie.

C’est accéder à sa liberté. 1) Les sabres à grande dimension Un centimètre de longueur en plus, la main est déjà plus efficace. Je consldère ce proverbe comme une insulte à la tactique PAGF s OF plus, la main est déjà plus efficace. Je considère ce proverbe comme une insulte à la tactique. La tactique englobe le tout. Le sabre grand limite l’action au combat à distance. Qu’arrive ri1 dans le combat rapproché ? Nous touchons dans cette première parabole à l’essence même de notre travail quotidien. Chaque jour nous apprenons et pensons savoir.

Mais sommes- nous sûrs d’élargir notre connaissance ? Ce que nous croyons apprendre ne vient, peut- être, qu’alimenter nos préjugés. 2) Le sabre fort Lorsque l’on veut gagner un combat en pourfendant l’adversaire, on ne songe pas à le faire fortement ou faiblement. On ne songe uniquement qu’? pourfendre. L’esprit est espiègle. Nous agissons souvent en nous trompant sur le but à atteindre. Cela est tellement difficile à comprendre pour l’esprit ! Prenons un exemple : Je distribue 5 cartes pour un poker et nous jouons à la belote. Impossible n’est-ce pas ?

Autre exemple : je décide de emander une augmentation à mon patron. Je vais m’habiller d’une certaine façon et remâcher mon discours afin de plaire dans ce que je suis et dans ce que je dis. Le but n’est plus le même ! Vous pensez sûrement que le but est d’avoir l’augmentation et que tous les outils argumentaires sont bons. Pourtant, non ! Si l’augmentation est méritée, il n’y a pas besoin de dévier le but car l’esprit et le corps sont associés dans le même objectif ! 3) Le sabre court Si, d OF dévier le but car l’esprit et le corps sont associés dans le même objectif !

Si, dans le monde en général, les gens ne se préoccupent que de arer les coups, de les éviter, d’y échapper, ils seront toujours victimes de ces habitudes et toujours tiraillés par autrui. La voie de la tactique est droite et juste. Il est donc essentiel de pourchasser les adversaires et de les dominer. Musashi nyva pas par quatre chemins. Le côté victimisation est une calamité pour l’homme qui cherche sa liberté. Notre société nous invite à réfléchir sur les mots comme culpabilité, empathie, l’autre etc.

Le traité des 5 roues est plus direct et sans faux-semblants. Celui qui prend des coups et se plaint, continuera à prendre des coups. Chaque homme doit défendre ce qu’il est dans les limites imposées par le respect d’autrui. Mais si ce dernier ne respecte pas ce code moral, alors il devient un adversaire qu’il me faut co m battre. 4) Les techniques variées Certaines écoles enseignent des techniques variées. C’est la commercialisation de la technique. Dans la tactique de notre école, il faut garder le corps et l’esprit droits, mais faire biaiser et dévier l’adversaire.

Puis il est important de remporter la victoire en découvrant quand Vesprit de l’adversaire biaise ou dévie. Il faut d’abord penser à se rectifier soi. Il nous faut constamment ?tre droit dans notre esprit comme notre corps rectifier soi. Il nous faut constamment être droit dans notre esprit comme notre corps. La vigilance est fondamentale. C’est, par notre attitude que l’autre est obliger de se révéler. Et lorsqu’il le fait, lui-même n’est plus droit. Il est facile de remporter la victoire. 5) La garde dans le sabre. En toutes choses, garde signifie immobilité.

Dans le langage courant, le mot garder signifie que ron demeure fortement immobile malgré l’attaque de l’ennemi. Dans la voie de la tactique, de la victoire ou de la perte, tout revient à essayer de prendre l’initiative. Il faut rejeter la pensée après coup qui existe dans la garde. Notre école recommande d’être sur ses gardes mais sans garde. Magnifique définition de l’attitude vigilante et toujours prête au combat. Ne laissez pas les choses vous échapper par un comportement attentiste. Ce qui est, l’est par vous. Aidez-vous et le ciel vous aidera ! ) Les yeux fixés Certaines écoles préconisent de fixer, soit les yeux de l’adversaire, soit son sabre. Dans la voie de la tactique, si l’on parvient à saisir la balourdise ou la finesse d’un esprit, alors on parvient à tout voir, Eloignement, rapprochement d’un sabre ou ien lenteur ou rapidité. Les yeux fixés dans la tactique sont des yeux fixés sur la pesée. Il faut voir sans regarder. Nos yeux nous trahissent. Ils nous font voir ce que nous voulons voir I peu importe le point ? fixer. Ce qui compt BOF trahissent. Ils nous font voir ce que nous voulons voir ! Peu importe le point ? fixer.

Ce qui compte c’est de voir avec d’autres sens. C’est de ressentir, d’avoir cette capacité à saisir les tensions, les pressions qui existent au contact d’une autre personne. C’est cela voir réellement. 7) La façon de tenir ses pieds. Certaines écoles appellent les différentes façons de tenir ses ieds : pieds flottants ; pieds bondissants ; pieds de corbeaux. Dans notre enseignement, les mouvements des pieds n’ont rien de différent des mouvements ordinaires. Ils sont comme la marche sur le chemin. Selon le rythme de l’adversaire, les pieds doivent correspondre aux mouvements du corps.

Ni trop peu, ni trop. Le pied est un grand révélateur de qui nous sommes. N’oublions pas Héra baignant Achille qui aura sa faiblesse au talon ! Le pied nous trahit. un pied vif dans un esprit vif. Un pied mou dans un esprit mou ! Regarder la position, l’attitude d’un pied, c’est connaître la position, ‘attitude de l’esprit 8) Préférence pour la rapidité La préférence pour la rapidité dans la tactique, n’est pas la voie. En toutes choses, tant que l’an n’est pas en harmonie avec les rythmes, on tergiverse sur rapidité et lenteur.

Ceux qui vont trop vite tombent. Imaginons un débutant en chant et un chanteur confirmé qui s’unissent pour fredonner un air assez lent. Le premier sera inquiet car dans l’attente d’être e PAGF assez lent. Le premier sera inquiet car dans l’attente d’être exactement en même temps que la musique. Le second est en paix car il maitrise et il donne ‘impression de facilité. En fait, être dans le rythme donne l’impression de facilité mais doit nous faire penser immédiatement à tout le travail qu’il y a eu pour arriver à cet état de paix. ) Profondeur ou superficialité Au sujet de la tactique, que pourrait-on qualifier de profond ? Que pourrait-on qualifier de superficiel ? Dans la tactique de notre école, les principes enseignés sont les suivants : A ceux qui apprennent pour la première fois nous leur enseignons des techniques qui sont à leur portée, et en premier les principes qu’ils peuvent comprendre vite. Puis nous decouvrons le moment ù leur esprit s’ouvre et ils atteignent ce qui n’était pas à leur portée à l’origine.

Le 9ème pont soulève la difficulté de l’enseignement. Notre monde qui va si vite oublie ce principe fondamental : il ne sert à rien de tout donner. Chaque chose en son temps. Savoir faire confiance à son professeur qui sait par quoi il faut passer. Entre apprendre et posséder, il faut du temps. C’est cela qui rend le travail de l’apprentissage si dur et en même temps si véridique. LE FEU Dans ce chapitre, Musashi nous donne tous les moyens tactiques de remporter la victoire. Il est fort intéressant de noter qu’à l’instar