inch’allah

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Festival À FILMS OUVERTS. BE » Pour l’interculturalité Contre le racisme C’est donc dans le cadre du festival « À FILMS OUVERTS » que nous nous rendons au Centre Culturel Arabe en Pays de Liège pour visionner le film « Inch’ Allah n, assister à une conférence et écouter des témoignages sur le conflit israélo-palestinien. Afin de vous faire découvrir cette soirée de long en large, je vous raconterai le film dans un premier temps ainsi que les sentiments qui en ont émergés.

Dans un second temps, je tâcherai de faire la lumière sur ce conflit pris dans les propos conférence, d’en co Le film nstaté un léger parti ver ce genre de or 20 Snipe to La réalisatrice, Anaïs Barbeau-Lavalette a une relation très fusionnelle avec la Palestine, un territoire qu’elle a découvert lors d’un précédent tournage pour un documentaire : ‘]’ai eu comme un appel, un réel coup de foudre, avec tout ce que ça peut avoir d’ambigu », se rememore la réalisatrice, en poursuivant : « Un mélange d’amour/haine, de fascination et de confrontation.

J’ai décidé d’y retourner pour une plus longue période. J’y ai étudié et a priori non concernée par le conflit : « À quel point un conflit qui ne nous appartient pas peut-il devenir le nôtre ? Au fur et ? mesure, Chloé est avalée par la guerre. Elle ne peut pas rester simple témoin. Cest ce que j’avais envie d’exprimer », raconte la réalisatrice. « Dans un tel contexte, nos barrières de protection tombent. Nous ne sommes pas immunisés contre ça. La guerre n’appartient pas qu’aux autres ».

Le personnage de Chloé permet aussi l’identification et l’implication du spectateur : « San cheminement pourrait être le nôtre. Cest ce qui m’intéresse », termine Anaïs Barbeau-l_avalette. Pour les séquences de tournage dans les camps de réfugiés palestiniens, la réalisatrice a enu à faire participer la population même de ces camps, comme elle l’explique : « Les gens des camps y ont participé, notamment à la sécurité et à la figuration. Le tournage créait un grand événement et de l’excitation. On a minimisé les tournages de nuit, plus risqués.

Quand les scènes le permettaient, on y intégrait la population ». Comme dans son précédent film Le Ring (2007), Anas Barbeau-LavaIette a laissé une grande place aux enfants, symbole d’espoir. On repense à Safi, cet enfant en habit de super héros, qui clôt le film en faisant un petit trou dans le mur de éparation et qui voit de l’autre côté « un grand arbre, et un petit arbre symboles à interpréter comme on le veut. MOI, j’y vois le symbole du grand, du fort et du faible, ce de quoi, la vie est faite.

D’autres, pendant le débat, y voyaient une image d’espoir : un petit arbre, aussi faible soit-il deviendra grand et fort. Ou d’autres encore y voyaient la protection du grand OF aussi faible soit-il deviendra grand et fort. Ou d’autres encore y voyaient la protection du grand sur le petit. Il est cependant difficile d’interpréter les nombreux symboles de ce film sans connaitre le fond de l’histoire de ce conflit (pour utant que ce soit possible). Sachant qu’au mois de mai, cela fera 66 ans que cette guerre existe, tâchons d’en comprendre la source.

Le conflit israélo-palestinien Origines du conflit Les racines du conflit se trouvent, dans le contexte mondial d’exacerbation des nationalismes européens et d’affaiblissement de l’empire ottoman, dans l’opposition progressive des objectifs du slonisme en Europe et du nationalisme arabe au proche- Orient. Le sionisme naît comme une réponse au sentiment antisémite qui s’est développé au cours du XIXe siècle, en Europe et en Russie. Theodor Herzl, journaliste dans l’empire austro-hongrois, ublie en 1 896 Der Judenstaat (l’État des Juifs), manifeste fondateur du sionisme politique.

Pour lui, l’antisémitisme étant inéluctable, il est nécessaire pour sa survie que le peuple juif se penche politiquement sur son avenir national en disposant de sa propre terre sous la forme d’un foyer juif. Mais depuis quand parle-t-on d’antisémitisme ? Dès le Ille siècle av. J. -C. , Manéthon propose une sorte de « contre-Exode » qui propage des fables à l’encontre des juifs, notamment celle suivant laquelle les Hébreux auraient été des lépreux chassés d’Égypte.

Ces accusations, infamantes alors, ont neanmains à contextualiser dans le cadre des tensions communautaires qui opposent à Alexandrie notamment les juifs aux égyptiens dont le culte animal est l’objet d’une véritabl Alexandrie notamment les juifs aux égyptiens dont le culte animal est l’objet d’une véritable répulsion par les premiers. On peut noter qu’au-delà de l’hostilité sur une base religieuse qui relève de l’antijudaïsme, l’association de critères physiques trace peut être les contours d’une forme d’antisémitisme antique.

Les violences généralisées contre les juifs n’apparaissent que sous la domination romaine. Au Ier siècle, les juifs d’Alexandrie réclament auprès des autorités romaines le droit de cité auquel les grecs alexandrins s’opposent. Les tensions communautaires dégénèrent, la communauté juive est l’objet de persécution. Alexandre le Grand est l’initiateur de la présence juive ? Alexandrie d’Égypte, en tant que fondateur de cette ville.

L’un de ses généraux, qui lui succède comme souverain en Egypte, Ptolémée Ier, fait venir des Juifs pour peupler la nouvelle cité. À Alexandrie, ils forment une entité politique séparée : ils occupent deux quartiers sur cinq de la ville hellénistique, ils sont esponsables devant une juridiction spécifique, l’ethnarque, s’occupant de commerce, ils édifient rapidement de grandes fortunes (ce qui fait dire qu’ils sont avides d’or): ils se voient confier plusieurs fermes des impôts par les Lagides durant le Ille siècle.

Formant des communautés fermées, en lien les unes avec les autres à l’échelle du monde méditerranéen, ils doivent non seulement faire face à l’animosité populaire: animosité contre le percepteur, contre leur richesse, mais aussi des prêtres et des philosophes. L’Empire romain Au Ier siècle av. J. -C. les Romains occupent la terre d’Israël et soumettent les Juifs. Si les Ro Ier siècle av. J. -C. les Romains occupent la terre d’Israël et soumettent les Juifs. Si les Romains détruisirent le Second Temple de Jérusalem, on ne peut parler initialement d’antisémitisme, puisque les Romains appliquaient le même procédé (répression des causes de désordre public) à nombre de peuples conquis. Les Romains sont dans l’ensemble assez tolérants en matière religieuse, n’exigeant pas des populations conquises qu’elles abandonnent leurs cultes.

Les Romains, en administrateurs pragmatiques, adaptent ertaines de leurs coutumes aux Juifs, les dispensant ainsi partiellement du Culte impérial, privilège qui suscite des jalousies. Certains juifs peuvent devenir citoyens romains, à l’exemple de Paul de Tarse ou de FlavusJosèphe, et peuvent même accéder aux magistratures en acceptant de sacrifier aux dieux.

Titus écrase la Judée lors de la première Guerre judéo-romaine et Hadrien change le nom romain de Judée de cette partie de province que les rebelles juifs nomment Israël dans leurs monnaies, en celui de Syria Palestinace qui pourrait dénoter une orientation vers l’antijudaiÈme dans une guerre de maintien e l’ordre dirigée contre des rébellions juives. Lors de la persécution des chrétiens dans l’empire romain, ceux-ci avaient d’abord été considérés comme une faction juive, les premiers chrétiens dont Jésus et les apôtres, étant juifs.

Suétone rapporte que « les juifs » fomentaient des troubles « à l’instigation d’un certain Crestus » (souvent lu Cristos), mais juifs et chrétiens furent ensuite progressivement distingués les uns des autres notamment en raison de la réaction des synagogues qui rejetèrent de plus PAGF s OF les uns des autres notamment en raison de la réaction des ynagogues qui rejetèrent de plus en plus les juifs reconnaissant Jésus comme Messie biblique et refusant la circoncision. À l’époque de Mahomet, à Médine et dans la péninsule Arabique vivaient des tribus juives que Mahomet s’efforça d’abord de convertir mais sans succès.

Il finit par les combattre et les décimer. La position de Mahomet à l’égard de judaïsme est de considérer certaines prescriptions mosaïques comme étant en réalité coraniques. II considère que les Hébreux « sont » des Arabes. Mahomet se fait donc fort de rappeler aux Juifs leur propre loi que le Talmud aurait falsifiée. La religion véritablement originaire est l’islam, les prophètes « juifs » sont en réalité musulmans et ce n’est pas à Isaac mais à Ismaël que les bénédictions ont été accordées.

Les conditions de vie des Juifs en terre musulmane, quoique préférables à ce qu’elles étaient en Europe, n’en étaient pas mains très dures ils vivaient dans un état misérable parce qu’ils avaient rejeté la loi du Prophète En outre, dans la vie quotidienne, les Juifs étaient considérés avec mépris, supposés lâches et perfides, éléments de dissolution du corps social. II arrivait outefois que des fonctions administratives ou financières leur soient confiées en cas de besoin, en raison de leur compétence. À Bagdad et ailleurs, on forçait les Juifs à porter un insigne et un couvre-chef destinés à les distinguer.

Des milliers de Juifs ont été tués dans des pogroms organisés à Grenade en 1066 et à Fez en 1465. Force est de constater qu’il n’a jamais été bon d’être juif. Revenons au sionisme. La population juive n’est p de constater qu’il n’a jamais été bon d’être juif. Revenons au sionisme. La population juive n’est pas unanime sur cette position, jusqu’à la Shoah. Les critiques des milieux laics, assimilés, portent sur la localisation de ce foyer national juif en Palestine ottomane, mais aussi sur Jérusalem qu’ils conçoivent davantage comme un centre culturel que comme un centre politique.

Enfin, le sionisme risquerait de banaliser le peuple juif, en mettant l’accent sur le politique plutôt que sur le côté religieux. L’Organisation sioniste mondiale est créée en 1897 à Bâle, où le mouvement sioniste tient son premier congrès et élit Herzl à sa tête. Sa mission définie est de préparer, pour le peuple juif, un foyer en Palestine, région historlque de la Terre d’Israël. our cela, l’OSM rachète des terres en Palestine et promeut l’immigration et le sentiment national afin de renforcer la présence juive sur le territoire.

Elle met en place un ensemble d’institutions qui viseront à constituer un État de fait, un précédent favorable pour la réalisation d’objectifs nationaux juifs. Herzl et le mouvement sioniste s’engagent dans un travail diplomatique. Herzl engage des négociations avec le sultan, mais c’est un échec. Il se tourne alors vers le Royaume-Uni pour une colonie juive dans le Sinaï ou en Ouganda ; c’est aussi un échec tout en marquant un pas en avant, car la démarche du ouvement sioniste semble être reconnue par ses interlocuteurs malgré les hésitations des grandes puissances et une hostilité de l’Église catholique.

Dans le même temps, les premières grandes vagues d’immigration juive commencent en Palestine, et s’accelerent avec les n 7 OF premières grandes vagues d’immigration juive commencent en Palestine, et s’accélèrent avec les nouveaux pogroms à Kichinev, en 1903 et 1905, qui amènent quelques dizaines de milliers d’immigrants d’Europe orientale sur la Palestine. À la fin de la période ottomane, la population juive est estimée ntre 56 000 personnes et 82 000 personnes et la population arabe (musulmans, juifs, chrétiens et autres) à plus de 600 000 personnes.

En 1914, alors que commence la Première Guerre mondiale qui mettra fin à l’empire ottoman, la Palestine compte 690 000 habitants, dont 94 000 sont juifs. En 1914, l’empire ottoman est allié aux empires centraux. Les Français et les Anglais cherchent à profiter d’une défaite « turque’ pour se partager la réglon. L ‘Influence britannique s’affirme de plus en plus au Moyen-Orient : le Royaume-Uni a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Il appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d’un grand État musulman en échange de leur participation dans les batailles aux côtés des Alliés.

En mai 191 6, le Royaume-Uni passe l’accord secret « Sykes- Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec cette promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d’influence entre les 2 puissances coloniales européennes. Les accords Sykes-Picot attribuent la Jordanie (Transjordanie et Palestine mandataire) à la zone d’influence britannique. Ces accords n’empêchent pas les Anglais de promettre non eulement un royaume indépendant aux Arabes, mais aussi la création d’un « foyer national » aux Juifs, (Palestine mandataire et Transjordanie).

Malgré la neutralité proclamée des 8 OF national » aux Juifs, (Palestine mandataire et Transjordanie). Malgré la neutralité proclamée des sionistes dans le conflit, Chaim Weizmann et Zeev Jabotinsky sont les seuls à deviner que la guerre va radicalement changer les choses. Weizmann, chimiste et dirigeant du mouvement sioniste, se consacre ? la diplomatie et convainc les Anglais de creer un régiment juif (la légion juive) dans l’armée Anglaise, le 23 août 1917, qui egroupera 800 hommes et qui sera envoyé en Palestine en février 1918.

Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique, inspiré par Weizmann, apporte un soutien considérable au mouvement sioniste en proclamant la déclaration Balfour, selon laquelle il envisage favorablement l’établissement d’un foyer national Juif en Palestine, tout en affirmant qu’il ne dolt pas porter préjudice aux droits civils et religieux des populations non juives existantes.

Cette déclaration a une portée internationale et attire la bienveillance des populations juives des pays alliés. Chaim Weizmann participe aussi à la préparation de la conférence de la paix à Paris et il y signe, en 1919, un accord avec Fayçal, futur roi d’Irak. Les Arabes s’opposent à ces prises de position britanniques. La Première Guerre mondiale bouleverse la géographie du Moyen-Orient. Le Royaume-Uni prend pied dans le Moyen- Orient et étend son influence.

La Société des Nations entérine en 1922 la déclaration Balfour en donnant l’établissement du foyer national juif pour mission du mandat britannique (sorte de tutelle du Royaume-Uni sur ces territoires) mis en place sur la Palestine, erme englobant à l’époque les territoires transjordaniens de l’autre côté PAGF OF sur la Palestine, terme englobant à l’époque les territoires transjordaniens de l’autre côté du Jourdain.

Le Royaume-Uni contente la famille hachémite avec la création rapide d’un royaume musulman en Transjordanie, sur la partie orientale de la Palestine, ce qui réduit le territoire destiné au foyer national juif. Dès l’arrivée des premiers immigrants vers 1900, le projet sioniste a vu l’opposition des Arabes de Palestine. D’abord exprimée sous forme de plaintes aux autorités ottomanes, elle s’est muée en ationalisme pan-arabe puis palestinien dans les années 1920 et s’est rapidement accompagnée de dérives à caractère antisémite de plus en plus violentes.

Des massacres de Juifs eurent lieu lors des Émeutes de Jérusalem de 1920, des émeutes de Jaffa en 1921, des émeutes et du massacre d’Hébron en 1929 et lors de la Grande Révolte arabe en 1936-1939. Le contrôle de la Palestine par les Britanniques et la lutte contre le sionisme poussèrent également les nationalistes arabes dans le camp nazi. Plusieurs d’entre eux collaborèrent activement pendant la Seconde Guerre ondiale.

La propagande israélienne sut en faire usage en particulier dans le cas du Mufti de Jérusalem, en en amplifiant l’importance au point de marquer la conscience collective israélienne. La Shoah est souvent présentée comme une des causes de la fondation de l’État d’Israël. Les historiens ne partagent pas ce point de vue. Déjà avant la Seconde Guerre mondiale, les « bases sociales, politiques, économiques et militaires de l’État-à-venir étaient déjà fermement en place ; et un sens profond d’unité nationale prévalait, même si le choc, l’horreur et le sentiment d